Agriculture durable

Pour le Réseau CIVAM[1] (Centres d’Initiatives pour Valoriser l’Agriculture et le Milieu rural), l’agriculture durable[2] est un moyen de réflexion sur le devenir des exploitations agricoles et plus largement sur la vie des campagnes de demain. Les agriculteurs du réseau ont développé des savoir-faire, souvent simples et empreints de bon sens, qui tendent vers une agriculture à taille humaine, liée au sol, économe en intrants comme en moyens de production.

La majorité des fermes du Réseau CIVAM sont en polyculture-élevage. Sur ces fermes, les animaux sont nourris le plus longtemps possible au pâturage parce que l’herbe pâturée coûte moins cher à produire que le maïs. A l’herbe, l’éleveur associe généralement du trèfle (légumineuse) qui est capable de capter l’azote de l’air et de le transformer en élément nutritif pour la prairie. Résultat : peu voire aucun engrais chimique à apporter. Les déjections épandues par les animaux au pâturage suffisent. Certaines fermes produisent en complément de l’herbe, des céréales et des protéines (lupin, pois, féverole) pour être le plus autonome possible.

Pour les agriculteurs du réseau[3], l’agriculture durable est une démarche d’amélioration continue. Elle s’apparente plus à un cap, un horizon vers lequel tendre plutôt qu’à un état, une situation statique dans laquelle on se place. C’est un cheminement vers un « mieux » en termes social et environnemental plutôt qu’une fin en soi.

L’agriculture durable ne se réduit donc pas à un label ou à un cahier des charges (caractère statique), même si les cahiers des charges de l’agriculture durable proposent des balises incontournables dans cette démarche.

Afin de relever collectivement le grand défi du développement durable, toujours pour ces agriculteurs membres de ce réseau, il est interdit de faire du surplace car ce qui est attendu par la société, ce sont des pistes pour définir l’agriculture de demain. L’objectif de ses défenseurs est de transmettre aux générations futures tout ce dont elles auront besoin pour se nourrir sainement, habiter ensemble, jouir des paysages, profiter des ressources naturelles en bénéficiant de conditions de vie décentes.

En conséquence, l’agriculture durable est tout le contraire d’un modèle : elle tente d’apporter des réponses locales aux questions posées dans une perspective globale quant aux fonctions et à la place qu’occupe l’agriculture dans la société.

Un document, datant de 2013, intitulé « Socle commun de la durabilité » et rédigé par les membres du pôle INPACT (Initiatives pour une agriculture citoyenne et territoriale), à savoir l’AFIP, l’InterAFOG, la FADEAR, la FNAB, la FNAPF, la FNCIVAM et le RAD reprend les éléments principaux de ce qu’est une agriculture durable.

L’agriculture durable interpelle tous les acteurs de l’agriculture et toutes les dimensions. Il est important, pour eux, de peser simultanément toutes les considérations (atouts et contraintes) économiques, sociales, environnementales, familiales, personnelles, culturelles, technologiques et éthiques qui détermineront chez tout un chacun l’ordonnancement des priorités et le chemin à parcourir pour avancer vers l’agriculture durable.


[1] Le Réseau Agriculture Durable -RAD- est devenu Réseau CIVAM suite à la fusion avec la FNCIVAM et l’AFIP

[2] http://www.agriculture-durable.org/

[3] http://www.agriculture-durable.org/lagriculture-durable/quest-ce-que-cest/[