Les 3 Dimensions du Chef d’Entreprise Agricole

Selon les résultats du quiz, vous correspondez plus à un certain profil, cependant rien n’est gravé dans le marbre et vous pouvez toujours chercher à vous améliorer dans un domaine spécifique. Voici les 3 types de profils:

Entrepreneur

Vous avez un esprit vif, toujours à la recherche d’innovations. Vous n’avez pas peur de prendre des risques pour mener à bien vos projets.
L’entrepreneur a confiance en lui : Il se sent en contrôle, il domine la situation, il est au-dessus des affaire.
L’entrepreneur est créatif : Il ne se satisfait pas longtemps du statut quo. Il a toujours de nouvelles idées pour des produits, des services nouveaux, pour de nouvelles façons de produire, d’organiser le travail.
L’entrepreneur a une grande tolérance aux risques grâce à une vision positive des choses, y compris grâce à sa proactivité. L’incertitude est bien vécu par ce type de personne. Un endettement élevé ne l’empêche pas de dormir. Il a confiance en l’avenir (peut-être trop parfois !). C’est un proactif qui va se battre pour que cela marche, il ne baisse pas facilement les bras.
L’entrepreneur a besoin d’indépendance, d’accomplissement de soi et un grand besoin de reconnaissance.
L’entrepreneur est un leader qui veut partager ses idées, ses projets. Il essaie de convaincre ses partenaires, ses employés, ses financiers et ses clients du grand intérêt de son projet. Il entraine et motive les gens autour de lui pour la réalisation de ses projets.

Gestionnaire

Vous avez une approche calculée, en gardant toujours un œil sur les chiffres.
Vous visez la rentabilité et la stabilité financière.

Le gestionnaire a des objectifs clairs pour son exploitations et réels par rapport à ce qu’il attend de son entreprise.
Un objectif représente, pour le gestionnaire, un moteur puissant d’innovation. Il est cohérent et orienté résultats.
Le gestionnaire vise la rentabilité et non le profit maximum. Il ne supporte pas de perdre de l’argent. Il analyse tout dans la perspective de rentabilité minimum espérée ; ainsi la technique est vue comme un moyen et non une fin en soi.
Pour le gestionnaire la pérennité de son entreprise est essentielle donc il connait ses chiffres les plus importants.
Enfin, le gestionnaire a toujours un plan B et il n’hésite pas à prendre des décisions drastiques.

Producteur

Votre passion réside dans les méthodes et techniques de production. Vous cherchez toujours à améliorer votre savoir-faire pour obtenir des produits de qualité.
L’agriculteur producteur ou technicien est centré sur ses productions et sur la technique.
Le producteur vise les meilleurs résultats techniques, il est a l’affût des nouvelles informations techniques sur ses productions afin de toujours faire mieux. Il travaille avec des conseillers afin de s’améliorer au niveau des rendements.
Le producteur n’a pas ou peu en tête les conséquences économiques de ses résultats techniques.
Le producteur consacre beaucoup d’énergie pour obtenir des résultats élevés.
Il recherche l’efficacité et la qualité maximum.

Source: « Les trois principales façons de vivre son métier d’agriculteur au XXIe siècle»

– Raymond Levallois, professeur-chercheur de gestion à l’université Laval au Québec

Tous les agriculteurs ne sont pas entrepreneur dans l’âme et d’ailleurs ce n’est pas une nécessité pour réussir. Une bonne compétence technique est un plus évident, sachez les compétences peuvent s’acquérir avec du travail, de l’expérience et il est toujours possible de se faire aider et conseiller. Enfin chaque agriculteur devrait posséder un niveau minimal de compétence en gestion d’entreprise.


A l’heure actuelle, il y a un nombre croissant d’entrepreneurs et un grand nombre de « bons producteurs », mais il y a trop peu d’agriculteurs avec une bonne compétence en gestion d’entreprise. Les forts taux d’endettement ainsi que les faibles marges de sécurité en sont la démonstration.
Par exemple, j’ai été amené à travailler avec des agriculteurs sur leur ré-appropration des chiffres de leur entreprise : chiffre d’affaires, EBE (Excédent Brut d’Exploitation), coût de production, seuil de rentabilité, résultat net, solde de trésorerie (comme les aglo-saxon disent : « cash is king, cash-flow is queen »). Il est apparu après ce travail que de « suivre sa compta » quelques 9 mois après la fin de l’exercice n’est pas une manière rationnelle et professionnelle pour entreprendre sereinement. Nous avons mis en place quelques ratio, chiffres clés pertinent pour chacun de façon à pouvoir suivre sereinement l’activité financière et facilité la prise de décision éclairée.


Être un bon gestionnaire n’empêche rien en termes de choix de production, de mode de production, de taille d’exploitation, de présence (ou non) de main d’œuvre salariée, d’adhésion à un ou plusieurs groupes, associations ou coopératives, de valeur ou de philosophie… c’est « simplement » maîtriser d’un point de vue économique la gestion quotidienne en termes de trésorerie et les choix stratégiques d’investissements conséquents.